II.1.4. Le PSMSL

Depuis 1933, le service permanent du niveau moyen des mers (PSMSL) est responsable de la collecte, de l'analyse, de l'archivage et de la diffusion des moyennes mensuelles et annuelles du niveau de la mer, issues des marégraphes dans le monde. Cet organisme est membre de la Federation of Astronomical and Geophysical Data Analysis Services (FAGS), et se trouve sous l'égide du CIUS et de l'AISPO (Association Internationale des Sciences Physiques de l'Océan). Il est localisé à l'Observatoire de Bidston, au Proudman Oceanographic Laboratory (POL), en Grande Bretagne.

La plupart des organismes gestionnaires de marégraphes, sensibles à l'intérêt de l'entreprise du PSMSL, communiquent volontiers leurs moyennes marégraphiques, ainsi que l'ensemble des données documentaires nécessaires à l'exploitation des hauteurs d'eau (nom de la station, localisation géographique, définition de la référence des données, nombre de jours manquants, calculs...). Cet échange concerne les marégraphes côtiers "permanents", à savoir tous les appareils proches du littoral qui ont été installés pour observer le niveau de la mer pendant au moins quelques années.

Parmi les données documentaires importantes, figure l'historique détaillé de la référence du marégraphe. Il s'agit notamment de l'identification du repère de marée, qui peut changer suite à un événement externe (destruction, déplacement...), et de la cote de ce repère par rapport à la référence du marégraphe, qui peut aussi varier à cause d'une dérive instrumentale interne. La connaissance de ces informations auxiliaires est essentielle pour établir des séries temporelles du niveau de la mer cohérentes qui pourront ensuite être exploitées et interprétées d'un point de vue géophysique. C'est ainsi que le PSMSL met à disposition des utilisateurs deux catégories de niveaux moyens de la mer:

En 1993, le PSMSL dénombre 1628 stations marégraphiques à travers le monde, dont deux tiers ont des données RLR, alors que, en 1991, il n'en compte que 1446 [Spencer & Woodworth, 1991 et 1993-a]. Leur fichier catalogue de juillet 1995 répertorie environ 1750 stations. Toutefois, malgré les efforts considérables de collecte et de promotion du service, force est de constater que cette banque de données ne dispose pas encore de tous les marégraphes côtiers permanents. Le constat s'applique non seulement aux nouveaux pays issus du bloc soviétique, mais également à la France (Ajaccio, Pointe de Graves...) et vraisemblablement à d'autres pays. L'étude récente, menée par l'IGN dans le cadre du programme "Élévation du niveau de la mer" du Ministère de l'Environnement, souligne le besoin et l'intérêt d'une structure nationale qui assurerait l'interface entre les observatoires marégraphiques français (métropole et DOM-TOM) et le PSMSL [Wöppelmann et al, 1996-a].

Quoiqu'il en soit, le PSMSL demeure la source de données marégraphiques la plus indiquée pour l'étude des variations globales à long terme du niveau de la mer. D'autant que cet organisme international s'assure de recevoir les données des grands projets d'observation tels que TOGA (Tropical Ocean and Global Atmosphere), WOCE, GLOSS... ainsi que celles des réseaux d'alerte aux tempêtes ou aux tsunamis. Ces divers programmes d'observation disposent en général de leur propre banque de données spécialisée, établie dans le cadre de leur projet.

Outre la collecte et la diffusion d'une grande quantité de données intéressantes du niveau de la mer, le PSMSL effectue de nombreux contrôles dont l'objet n'est pas seulement de garantir la continuité et la stabilité de la référence du marégraphe, mais aussi de détecter et de signaler les données aberrantes, incohérentes, ou encore douteuses. Un niveau minimal de qualité et de validité est ainsi assuré pour la plupart des applications. Spencer & Woodworth [1993-b] fournissent un inventaire précis des contrôles qui sont appliqués de manière routinière aux données reçues par le PSMSL.

L'étude de la tendance à long terme du niveau de la mer ne requiert pas nécessairement la manipulation directe des données horaires ou des moyennes mensuelles. En effet, le mécanisme de calcul de moyenne des données horaires sur une année filtre les fluctuations de courte période observées dans les enregistrements marégraphiques, qu'elles soient de nature irrégulière (ondes de tempête, raz-de-marée...) ou périodique (seiches, marées diurnes...). Les séries temporelles de moyennes annuelles sont par conséquent appropriées à l'étude des variations séculaires du niveau des mers. De plus en plus de travaux de recherche dans ce domaine s'appuient sur les moyennes annuelles du PSMSL, vraisemblablement favorisés par les progrès effectués en matière d'échange de données numériques.



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  • Guy Woppelmann
    Last modified: Tue Dec 29 18:13:01 MET 1998